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Ça y est, le grand jour approche. Il ne reste que quelques jours avant notre départ pour la Roumanie. Nous pouvons dire le grand départ ! Car nous partons pour nous marier. Notre petit coin de salon est encombré par les valises, les cartons pour les décos du mariage et plein de choses que nous aurons besoin là-bas. La robe est bien évidemment cachée dans sa housse et Bertrand a strictement interdiction de l’approcher. Je lui ai répété plusieurs fois, car il est très curieux ce monsieur 😊. Nous avons essayé de garder le secret sur nos tenues. Ne dit-on pas que « ça porte malheur de voir la robe de la mariée avant le jour J ! » Et moi, j’y tiens, donc bas les pattes Bertrand 😉. Nous avons poussé la tradition un peu plus loin. La tradition roumaine bien sûr. Mes parents ont offert le costume de Bertrand et mes beaux-parents m’ont acheté ma robe de mariée. La seule chose qui manquait, c’était mon jupon (le fameux jupon faux-cul et oui il y a un jupon qui s’appelle comme ça…) car nous l’avons loué. C’est ma belle maman qui ira le chercher avant leur départ.

Revenons à nos moutons ou plutôt à nos valises. Avec Bertrand, nous regardions nos valises en se frottant la tête. Comment faire pour tenir tout ça dans le coffre de notre Renault Mégane break de l’époque ? De mon côté, j’ai pensé, c’est facile, Bertrand a été scout plus jeune. Il va me faire un rangement ou tout sera imbriqué à la perfection. Une organisation ou même une aiguille ne pourra rentrer. Mais quand j’ai vu la mine déconfite de Bertrand, je me suis dit : Nous sommes dans la m*.

Finalement, nous avons réussi à tout mettre dans la voiture ! Bon aller, j’avoue, il y en avait partout. Le coffre était plein, la banquette arrière également, j’avais même un sac entre mes pieds. Par chance, c’était un sac avec les boissons et les repas, donc petit à petit le sac devrait diminuer. Heureusement, car faire 2200km comme ça, non merci pour moi. Il faut être un minimum à l’aise pour que le trajet se passe au mieux.

Le jour J est arrivé, nous partons. Je ne sais pas vous, mais moi à chaque fois, que je pars en vacances, je suis excité comme une puce. J’adore partir en vacances 😉 en plus là, c’est encore mieux, car nous partons pour NOUS MARIER !!! Ça va être GE-NI-AL !!! Bertrand commence par conduire. De mon côté, j’ai les feuilles de Via Michelin avec le trajet d’imprimé. Les cartes d’Europe (au cas où). J’ai aussi la liste des personnes que nous avons emmenées dans l’aventure avec nous. Notre liste comporte, pas moins de quarante personnes, famille et amis confondus venu de France. Nous étions très fières et émus que les personnes chères à nos cœurs aient décidé de faire le déplacement et être parmi nous en cette journée très spéciale.

Nous avons traversé la France et la moitié de l’Allemagne sans encombre. Nous avons passé tout ce temps à peaufiner tous les détails : les plans de table, les marques place fait main. Nous avons aussi la liste des lieux des visites que nous avons prévu de faire découvrir à notre famille. Nous avons mis presque autant de temps à organiser les deux semaines de visite en bus, qu’à préparer notre mariage.

Comme je disais, tout va bien jusqu’au moment où après avoir laissé le volant à Bertrand, je tiens à vous dire que je conduis très bien 😊, il me dit :

  • Tiens, c’est bizarre, j’ai l’impression qu’elle n’a pas de pèche cette voiture.
  • Ah bon ! je trouve qu’elle avance bien pourtant.

Nous continuons sur l’autoroute lancés à 130km/h au GPS. Nous laissons le sujet voiture de côté, pour reprendre le sujet mariage. En pleine discussion, Bertrand décide de doubler un camion. Jusque-là, tout va bien. Ça ne va pas durer en revanche ☹. Comme je disais, il commence à doubler, mais il n’a jamais réussi à finir. Eh oui, une fois arrivé à la hauteur de la cabine du camion, la voiture commence à ralentir. Pourtant Bertrand appuie toujours sur le champignon. J’avais l’impression d’être dans un film ou le chauffeur nous fait un signe de la main tout en nous redoublant par la droite, au revoir. Nous étions à 130 km/h quand nous avons commencé à doubler et nous avons fini à seulement 60. Assez honteux, nous nous sommes remis derrière le camion et surtout avec une question. Qu’est-ce qu’il se passe ??? La voiture est tout juste sorti de garantie et de révision. Normalement, tout devrait être OK ? Ça, c’est dans les films. Dans la vraie vie, avec une voiture presque neuve, chargée à bloc et deux futurs mariés. La voiture n’a presque plus de puissance et elle fume, beaucoup, vraiment beaucoup. A chaque accélération un nuage de fumée blanche s’élève tout autour de nous. Mon Dieu qu’est-ce qu’il se passe ?? C’est un cauchemar !! Je veux juste rentrer chez moi pour me marier. Il ne faut pas tomber en panne, pas en Allemagne. Ni moi, ni Bertrand parlons allemand, donc difficile d’expliquer nos soucis techniques. J’étais sur le siège passager en train de croiser les doigts, les doigts de pieds et tout ce qu’on peut croiser pour pouvoir se rendre à bon port. La voiture n’a plus de puissance, elle fume et pour couronner le tout, elle consomme beaucoup d’huile, vraiment beaucoup. J’entends encore la voix du mécanicien. « C’est normal ma p’tite dame, les voitures d’aujourd’hui consomme plus d’huile que les anciennes ».

Oui, peut-être, mais quand la même voiture consomme plus d’huile que de gasoil ce n’est quand même pas normal ? Je ne suis pas une pro en mécanique, mais ça, c’est gros comme une maison.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, nous nous sommes perdus. Tellement occupé à scruter un éventuel voyant à s’allumer que nous en avons loupé une sortie. Pour couronner le tout, nous roulons avec notre voiture bancale. A un moment donné, en voyant que l’on ne reconnaissait rien dans les environs, nous nous sommes arrêtés sur une aire de repos. Les feuilles Via Michelin, c’est bien, mais quand vous êtes perdu, elle ne vous remet pas sur le droit chemin, pas comme un GPS que nous n’avions pas en cette période. Une fois arrêtés, nous avons déplié notre bonne vieille carte IGN pour trouver le bon chemin. Nous étions bien perdus, mais j’avais l’impression que la voiture avait bien apprécié la petite pause.  Elle est partie presque comme avant. La puissance est de nouveau au rendez-vous, mais la fumée était toujours présente. Nous avons acheté plusieurs bidons d’huile, jusqu’à de l’huile de Porsche dans l’espoir que… mais rien à faire ☹.

Je souhaitais qu’une chose, arriver chez mes parents en Roumanie. Puis oublier cette voiture de malheur et profiter du plus beau jour de notre vie.

Nous sommes arrivés, avec un détour de plus de 150 km. Nous avons enfin atteint notre but, hourra ! Même avec une voiture bancale, ou carrément morte, peu importe, nous avons passé une journée inoubliable. Il faut essayer de laisser les mauvaises ondes derrière nous et profiter à fond du moment présent surtout qu’un mariage (normalement et nous le croyons) n’arrive qu’une fois dans notre vie.